
Intelligence artificielle et métiers terrain : ce que révèlent nos études 2026
Adoption, freins, usages : découvrez ce que révèlent nos trois études sur la place de l'IA chez les chefs de secteur, délégués et commerciaux CHR.
En bref
8 min de lecture
L'adoption de l'intelligence artificielle varie fortement selon les métiers, allant de 19,8 % chez les délégués pharmaceutiques à 30,6 % chez les commerciaux CHR et RHF.
Dans les trois métiers étudiés, l'usage de l'intelligence artificielle se développe majoritairement en dehors de tout cadre défini par l'entreprise, y compris dans le secteur réglementé de la pharmacie.
La formation apparaît comme le facteur le plus déterminant dans l'adoption de ces outils, avec des écarts d'adhésion considérables entre professionnels formés et non formés.
Les usages convergent vers des irritants communs : réduction de la charge administrative, aide à la préparation des visites et exploitation plus rapide de la donnée terrain.
Sidely conclut que l'avantage concurrentiel ira aux entreprises qui structureront l'usage de l'intelligence artificielle au sein de leurs outils métier, plutôt qu'à celles qui laisseront cet usage se développer de façon isolée.
L'intelligence artificielle s'installe progressivement dans les métiers commerciaux de terrain, mais à des vitesses et selon des logiques très différentes d'un secteur à l'autre. Chefs de secteur en grande distribution, délégués pharmaceutiques, commerciaux CHR et RHF : ces trois métiers, pourtant très distincts par leur environnement réglementaire et leur mode de fonctionnement, partagent pourtant des points communs frappants dans leur rapport à l'intelligence artificielle.
Sidely a interrogé, au premier semestre 2026, plus de 300 professionnels terrain répartis sur ces trois métiers, dans le cadre de trois études distinctes portant sur leur profil, leur rémunération, leurs outils et leurs usages de la donnée. Cet article croise les résultats obtenus sur la seule dimension de l'intelligence artificielle, pour en tirer des enseignements transversaux et des conclusions propres à Sidely sur ce que ces chiffres annoncent pour les prochaines années.
Trois constats structurent cette analyse : des taux d'adoption très hétérogènes selon les métiers, un usage qui progresse presque partout sans cadre défini par l'entreprise, et un rôle déterminant de la formation dans la perception des bénéfices de ces outils.
→ Pour télécharger l’étude sur les chefs de secteur
→ Pour télécharger l’étude sur les délégués pharmaceutiques
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Un taux d'adoption de l'IA très hétérogène selon les métiers
Chefs de secteur : une adoption qui dépend fortement de la taille d'équipe
Chez les chefs de secteur en grande distribution, l'usage de l'intelligence artificielle varie fortement selon la taille de l'équipe commerciale, avec un écart marqué entre petites et grandes structures. Fait notable, la génération dite « pivot », celle qui compte entre trois et six ans d'expérience, se révèle paradoxalement la moins équipée en intelligence artificielle, alors qu'elle est pourtant la plus friande de données pour piloter son activité quotidienne. Ce paradoxe identifie un segment prioritaire pour toute politique de formation à venir.
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Délégués pharmaceutiques : seulement 19,8 % d'utilisateurs, mais 73,5 % de convaincus
Le métier de délégué pharmaceutique affiche l'un des taux d'adoption les plus faibles des trois études, avec seulement 19,8 % d'utilisateurs réguliers de l'intelligence artificielle. Ce chiffre s'explique en partie par le poids du cadre réglementaire propre à la pharmacie, qui incite naturellement à la prudence. Pourtant, 73,5 % des délégués interrogés croient au potentiel de ces outils pour améliorer leur efficacité terrain, un écart de plus de 50 points entre la conviction et l'usage réel.
Commerciaux CHR & RHF : l'adoption la plus précoce pour un métier historiquement relationnel
À l'inverse, les commerciaux CHR et RHF affichent le taux d'adoption le plus élevé des trois métiers étudiés, avec 30,6 % d'utilisateurs déjà actifs. Ce résultat est d'autant plus notable qu'il concerne un métier historiquement construit autour du relationnel humain, où l'on aurait pu anticiper une adoption plus tardive des outils numériques. Ce chiffre suggère que l'intelligence artificielle n'est pas perçue comme une menace pour la dimension relationnelle du métier, mais plutôt comme un appui à celle-ci, notamment via l'aide à la négociation.
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Ce contraste entre les trois métiers montre que l'adoption de l'intelligence artificielle sur le terrain ne dépend pas uniquement du degré de digitalisation préexistant d'un secteur, mais aussi de la nature de l'irritant qu'elle permet de résoudre en priorité, comme nous le verrons plus loin.
Un point commun : l'IA progresse sans cadre
Un usage majoritairement individuel, hors politique d'entreprise
Dans les trois métiers étudiés, l'usage de l'intelligence artificielle se développe très largement en dehors de tout cadre défini par l'entreprise.
Chez les commerciaux CHR et RHF, 54,6 % des utilisateurs s'en servent dans une démarche strictement personnelle, et seuls 18,2 % évoluent dans un environnement réellement encadré.
Chez les délégués pharmaceutiques, 57 % des utilisateurs agissent sans cadre précis ou de façon totalement individuelle.
Ce constat traverse les trois études sans exception : l'intelligence artificielle s'introduit dans les pratiques commerciales par initiative individuelle, bien avant tout déploiement organisé par les entreprises.
Le secteur réglementé n'échappe pas à la règle
Ce constat prend une dimension particulière dans le cas des délégués pharmaceutiques, où le cadre réglementaire strict qui encadre la promotion des produits de santé aurait pu laisser penser à une adoption plus prudente et mieux structurée. Ce n'est pas le cas : les délégués expérimentent l'intelligence artificielle au même rythme individuel que les autres métiers terrain, avec un risque de conformité réel que les entreprises du secteur ne peuvent plus ignorer.
Notre analyse Sidely : ce décalage généralisé entre l'usage individuel et l'absence de cadre d'entreprise traduit moins un problème de vigilance des professionnels terrain qu'un retard structurel des organisations à intégrer l'intelligence artificielle au niveau de leurs outils communs, à commencer par le CRM terrain.
Tant que l'IA reste un outil personnel installé sur le smartphone de chacun, elle échappe à toute gouvernance, à toute mutualisation des bonnes pratiques et à tout contrôle de conformité. L'enjeu pour les directions commerciales n'est donc plus de savoir si leurs équipes utilisent déjà l'intelligence artificielle, mais de décider où et comment l'intégrer officiellement dans leurs outils de travail quotidiens.
Pourquoi la formation change tout
Des écarts d'adhésion massifs entre formés et non-formés
Les trois études convergent sur un point : la formation transforme radicalement la perception des bénéfices de l'intelligence artificielle.
Chez les chefs de secteur, les professionnels formés affichent quatorze points d'opinions favorables supplémentaires par rapport à ceux qui n'ont reçu aucune formation.
Chez les commerciaux CHR et RHF, ce chiffre atteint son maximum : 100 % des commerciaux ayant reçu une formation perçoivent des bénéfices concrets à l'usage de l'intelligence artificielle, contre une adhésion beaucoup plus partielle chez les non-formés.
C’est pourquoi, il est important de cadrer l’usage de l’IA dans votre équipe commerciale.
Un angle mort côté seniors chez les CHR/RHF
Ce constat rend d'autant plus problématique le très faible niveau de formation observé dans les trois métiers.
Chez les commerciaux CHR et RHF, 86,1 % des répondants n'ont reçu aucune formation à l'intelligence artificielle, et les profils les plus seniors, souvent les plus enclins à demander de l'analyse de données poussée, en sont presque totalement exclus.
Chez les délégués pharmaceutiques, ce taux atteint 85,8 % de non-formés, malgré 73,5 % de convaincus du potentiel de ces outils. Dans les trois métiers, la conviction est largement présente, mais l'accompagnement des entreprises reste très en retard.
Les usages convergent vers les mêmes irritants terrain
Réduire la charge administrative
Chez les délégués pharmaceutiques comme chez les chefs de secteur, l'usage principal de l'intelligence artificielle consiste à réduire la charge administrative et à automatiser la rédaction de comptes-rendus. Ce n'est pas un hasard : dans les deux études, la charge administrative figure parmi les principaux irritants cités spontanément par les professionnels terrain. Fait notable, chez les délégués pharmaceutiques qui utilisent déjà l'intelligence artificielle, cet irritant a purement et simplement disparu de la liste de leurs difficultés principales.
Préparer et argumenter les visites
Chez les commerciaux CHR et RHF, l'usage principal de l'intelligence artificielle se situe ailleurs : l'aide à la négociation et à la préparation des arguments commerciaux, cohérente avec la dimension profondément relationnelle de ce métier.
L'intelligence artificielle n'y remplace pas la relation humaine, elle vient l'outiller et la renforcer, ce qui explique en partie le taux d'adoption plus élevé observé dans ce secteur.
Analyser la donnée pour mieux décider
Dans les trois métiers, l'analyse et la synthèse de données figurent systématiquement parmi les usages les plus cités de l'intelligence artificielle, quel que soit le point d'entrée initial. Cette convergence confirme que l'intelligence artificielle répond avant tout à un besoin de transformation de la donnée brute en information exploitable, un enjeu que les CRM terrain traditionnels n'ont pas toujours su résoudre seuls.
Notre analyse Sidely : loin de remplacer le commercial terrain, l'intelligence artificielle s'attaque en priorité aux tâches à faible valeur ajoutée qui grèvent son temps disponible, qu'il s'agisse de rédaction, de préparation ou d'analyse. Le temps ainsi libéré profite directement à la relation client, qui reste, dans les trois études, la dimension la plus valorisée par les professionnels terrain eux-mêmes. L'intelligence artificielle ne concurrence donc pas le cœur du métier commercial terrain, elle en renforce au contraire les fondamentaux, à condition d'être intégrée aux outils déjà utilisés au quotidien plutôt que déployée comme une brique technologique séparée.
Les trois études menées par Sidely en 2026 dessinent un mouvement de fond commun aux métiers commerciaux de terrain, malgré leurs différences sectorielles évidentes. L'intelligence artificielle n'y est plus une hypothèse lointaine, mais une pratique déjà installée, portée par l'initiative individuelle des professionnels bien plus que par une stratégie organisée des entreprises. Ce décalage constitue à la fois un risque, en particulier dans les secteurs réglementés comme la pharmacie, et une opportunité pour les organisations qui sauront structurer rapidement cet usage plutôt que de le découvrir après coup.
La formation apparaît, dans les trois études, comme le levier le plus déterminant pour transformer la conviction en adoption réelle et en bénéfices mesurables. À l'inverse, l'absence de cadre et de formation laisse chaque professionnel expérimenter seul, au risque de perdre en cohérence, en conformité et en partage de bonnes pratiques.
Dans les prochaines années, l'avantage compétitif ira vraisemblablement aux organisations qui choisiront d'intégrer l'intelligence artificielle directement dans leurs outils métier, plutôt qu'à celles qui l'ignoreront ou qui se contenteront de l'interdire faute de solution structurée à proposer.
→ Pour télécharger l’étude sur les chefs de secteur
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→ Pour télécharger l’étude sur les commerciaux CHR et RHF
Margot évolue dans la Tech et le SaaS depuis 8 ans, avec une expérience multi-produits qui lui a donné une lecture rare des enjeux commerciaux. Au quotidien, elle analyse, teste sans relâche et s'appuie sur les faits, pour éclairer les tendances du marché et aider les équipes commerciales à avancer.
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